Enfant, j’étais très anxieuse. Je me rappelle avoir fait ma première crise d’anxiété en maternelle. Le souvenir est très vif dans ma mémoire. J’avais échappé une mitaine dans l’escalier, et j’étais incapable de décider si je devais la ramasser ou non, parce que le fait que je m’arrête allait déranger la progression du rang, et j’avais peur de me faire chicaner pour ça. Je me rappelle aussi très bien de ce sentiment d’être d’un coup dans une réalité parallèle, ou comme si tout autour de moi était tout à coup irréel. Aujourd’hui, je sais qu’on appelle ça de la dissociation, plus particulièrement de la déréalisation.

Avec les années, les choses ne se sont pas nécessairement améliorées, mais j’ai appris à gérer. À travers différents mécanismes, beaucoup par moi-même. Je ne parlais pas de ces choses-là. À l’adolescence, cette anxiété s’est exacerbée. Elle m’a mené sur des chemins sombres, où tout s’est mis à s’entremêler : anxiété, dépression, comportements alimentaires inadéquats, etc. Au début de ma vie d’adulte, j’ai reçu un diagnostic de trouble anxieux généralisé. Parce que l’anxiété avait pris le dessus.

Encore aujourd’hui, il est délicat de parler de sujet de santé mentale en lien avec la spiritualité. Alors, qu’à mon sens, les deux sont très liés. Bien que je ne satisfasse plus les critères pour le trouble d’anxiété généralisé, il m’arrive aujourd’hui encore de vivre des périodes d’anxiété. Pour diverse raison, un peu comme tout le monde. Et chaque fois que cela m’arrive, j’ai cette petite voix dans ma tête qui me dit : “ton anxiété t’éloigne de Dieu, ne le laisse pas prendre toute la place”. La dernière fois que c’est arrivé, je me suis demandé comment. Comment mon anxiété pouvait-elle m’éloigner de Dieu? Et je crois que l’Esprit Saint a répondu à ma question.

Je vais parler d’un point de vue personnel, simplement partager avec vous ce que l’Esprit Saint m’a montré. Je ne crois pas que nous expérimentions l’anxiété de la même façon, donc je t’encourage à faire ta propre demande à l’Esprit Saint. Mais je crois quand même que mon partage pourrait t’aider dans cette réflexion.

Autocontrôle au lieu de la confiance en Dieu

Nous avons tous des façons de réagir et de gérer l’anxiété. Elle nous pousse souvent à prendre le contrôle de ce qu’il se passe, plutôt que d’attendre et de faire confiance à Dieu. Parfois en agissant, parfois en n’agissant pas. L’idée de devoir attendre une réponse d’acceptation ou de refus pourrait engendrer tellement d’anxiété que nous ne ferions même pas la demande. C’est le genre de penser que je peux avoir. Pendant longtemps, je préférais ne pas aller à un cours plutôt que de me présenter en retard. Parce que l’idée de me faire juger était insupportable. Alors, je prenais le contrôle de la situation. Je n’étais pas croyante à ce moment, donc je ne pouvais pas m’en remettre à Dieu. Mais je sais avec expérience que j’aurais probablement eu le même genre de comportement d’évitement, même si j’avais eu Dieu dans ma vie. C’était là où j’en étais. Aujourd’hui encore, j’ai de la difficulté à m’en remettre à Dieu dans les moments anxieux. Mais quand je réussis, oh comme c’est délivrant!

Dans les moments d’anxiété, j’ai tendance à tenter de contrôler plutôt que de m’en remettre à Dieu. J’essaie de me contrôler moi, de contrôler les actions des autres, les réactions des autres, etc. J’anticipe tout. Cette anticipation m’éloigne de Dieu, parce que je ne lui fais pas assez confiance pour simplement m’en remettre à Lui. Au final, c’est Lui qui est au contrôle de tout. Je cherche à avoir un contrôle sur des choses que je ne peux contrôler, parce qu’elles appartiennent à Dieu.

Perte de la paix intérieure

Je ne sais pas si c’est comme ça pour tout le monde, mais, pour moi l’anxiété me donner vraiment l’impression que mes organes se tordent dans tous les sens, se distordent, prennent plus de place qu’ils ne le devraient. J’en viens à avoir mal au cœur, l’estomac noué, et j’ai l’impression qu’une tornade se déchaine en moi. Dans ces moments-là, je ne suis pas en paix. Bien loin de là. Mon cerveau va à 160 à l’heure, je ne pense plus clairement. Et c’est difficile de tenter de sortir de cette tempête pour demander de l’aide. Les disciples, dans la barque, quand les vents se sont levés, sont allés réveiller Jésus. Il était là, avec eux. Quand ma tempête se pointe, j’ai souvent l’impression d’être seule dans ma barque. C’est exactement cette impression qui m’éloigne de Dieu. Quand je perds ma paix intérieure, parce que j’ai l’impression d’être seule dans ma barque, c’est dans ces moments-là que Dieu est loin de moi. Ce n’est pas parce que je ne peux pas le voir comme les disciples l’ont vu qu’Il n’est pas là. Mais c’est là la dangerosité de l’anxiété : elle nous rend aveugles.

Encombrement de ton espace intérieur

On entend beaucoup parler de minimalisme depuis quelques années, particulièrement depuis la pandémie j’ai l’impression. On parle de désencombrer sa maison pour vivre de façon plus légère, ou de façon plus douce, consciente, etc. Le fait de désencombrer notre maison nous permet d’avoir plus d’espace pour les choses importantes, plus de temps, plus de clarté d’esprit.

Eh bien, l’anxiété, c’est de l’encombrement intérieur. Quand nous sommes anxieux, Dieu n’a plus l’espace nécessaire en nous pour travailler. Quand nous sommes anxieux, nous n’avons plus de clarté d’esprit. Dieu n’a plus la place dont Il a besoin dans ta vie. L’anxiété agit tel un chasse-moustique sur la présence de Dieu. Dieu est toujours là, mais nous nous éloignons de lui lorsque nous sommes anxieux. Il faut faire la même chose que nous faisons avec les objets : il faut désencombrer l’anxiété, pour que notre relation avec Dieu soit plus douce et consciente. Je vais quand même le réécrire sur une seule ligne :

Ton anxiété est un chasse-moustique pour ta relation avec Dieu.

Pour moi, ça se manifestait énormément en “et si?” et en “j’ai besoin d’un plan A B C…” avant de faire quoi que ce soit. Au cas où quelque chose ne marcherait pas. Je devais être préparé à toutes les éventualités. Je voulais avoir le contrôle sur tout. Je ne laissais aucune place à Dieu. Je ne dis pas qu’il ne m’arrive plus du tout d’être anxieuse. C’est légitime d’être anxieux. Mais ma réponse à cette anxiété a considérablement changé. Je préfère me dire aujourd’hui “même si” plutôt que “et si”.

Isolement spirituel et physique

Malheureusement, l’anxiété m’isole souvent. C’est déjà si difficile de me gérer quand je suis anxieuse, je n’ai pas l’espace mental pour gérer une interaction sociale ni l’envie de devenir un “poids” pour les autres. Je sais bien que mes ami.e.s sont là pour ça aussi. Mais je ne me sens pas tout le temps à l’aise de voir des gens quand je suis anxieuse. Je participe moins aux activités de groupe, je vais moins à l’église, etc. Mais si ce n’était que ça!

L’anxiété m’isole aussi spirituellement. Je suis si encombrée, comme on a parlé tout à l’heure, que je ne suis pas en mesure d’être dans la présence de Dieu ni d’être dans sa parole. Alors, je m’éloigne de Dieu aussi, je m’isole de lui, sa voix semble moins forte. Des fois même, je ne l’entends plus du tout. Dépendamment d’où l’on se trouve dans notre marche avec Jésus, ce genre de moment d’isolement peut avoir beaucoup d’impact négatif. Nous avons tous des déserts, c’est normal. Mais nous avons aussi, dans certaines mesures, la possibilité de ne pas laisser l’anxiété avoir un impact sur notre marche avec Christ.

Comment faire pour que l’anxiété ne nous éloigne plus de Dieu?

Il n’y a pas de recette miracle : il faut entretenir et solidifier notre relation avec Jésus avant que l’anxiété n’arrive. Pour entretenir cette relation, il n’y a pas 46 mille façons. Cela passe par la prière, la lecture de la Bible, l’Église le dimanche. Je dirais que ce sont les 3 grands piliers. Après, j’ai remarqué que, lorsque je me sens plus fragile, il est idéal pour moi de retirer temporairement certaines choses du monde de ma vie, comme la musique mondaine, les séries, etc. Je fais plus attention à ce que mes yeux voient, et à ce que mes oreilles entendent. Je m’efforce d’être en constante connexion avec Dieu, en lui parlant à travers la journée. Pas nécessairement en faisant une prière formelle. Juste en lançant des remarques, ou des “aide-moi”. Plutôt que de chialer à mon amie, je vais chialer à Dieu! Ce n’est pas une connexion comme de lire la Bible, mais c’est une connexion.

Si tu te sens dans un désert lier à l’anxiété, je te recommande de regarder plus de contenu chrétien, de lire plus de contenu chrétien, d’écouter plus de musique chrétienne et de parler plus à Dieu que tu ne parles à tes ami.e.s.

Et n’oublie jamais que de demander de l’aide à un professionnel de la santé n’est pas un signe de faiblesse ni une preuve que tu ne fais pas confiance à Dieu, bien au contraire.

Sois béni.e!

Simplement Maude xxx


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