Avertissement
Avant tout, je tiens à dire que cet article diffère énormément de mon contenu habituel, mais il me tient également beaucoup à cœur. Mon but n’est pas de heurter ou de dénigrer, mais bien de faire de la sensibilisation. Je parlerai de mes expériences, de ma façon de voir les choses et de mes craintes par rapport à tout ça. Je ne suis pas une professionnelle en santé mentale, je ne ferai qu’exprimer mon opinion, comment est-ce que je perçois l’enjeu, peut-être avec quelque nuance de comment je le perçois en tant que Chrétienne. Mais là ne sera pas le but de l’article, de faire valoir un point de vue Chrétien. Simplement un point de vue humain, bienveillant et inquiet.
Alors que les tabous sur la santé mentale sont en train de tomber, ce qui est une bonne chose, nous sommes aussi témoin de la libération de la parole à ce propos via les médias sociaux. Beaucoup plus de gens parlent des enjeux de santé mentale, de leur propre expérience ou d’un point de vue professionnel. Beaucoup basent pratiquement l’entièreté de leur contenu sur cette partie de leur vie, leur(s) trouble(s), etc. Cette libération de la parole entraîne aussi un effet de mode. Il est difficile de faire défiler les vidéos sur les réseaux sociaux sans tomber sur plusieurs vidéos parlant, d’une façon ou d’une autre, de troubles divers. Ceux que je vois le plus revenir sont le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), le trouble du spectre autistique (TSA), le trouble dissociatif de l’identité (TDI) et le trouble de personnalité limite (TPL). Pour ce dernier, j’ai l’impression qu’on essaie surtout de faire de la sensibilisation sur ce qu’il comporte de vivre avec ce trouble. Mais pour les autres…
De plus en plus de gens se diagnostique TDA/H, TSA ou TDI à partir de vidéo qu’ils voient sur les réseaux sociaux. Parce qu’ils “relate” au vécu de ces personnes, parce qu’ils partagent certaines caractéristiques singulières, etc. Dans une certaine mesure, les probabilités que certaines de ces personnes aient vraiment un trouble existent. Mais la réalité est qu’un auto-diagnostique par rapport à quelque chose qu’on lit sur les réseaux sociaux a plus de chances d’être erroné que de chance d’être adéquat. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien. Ça veut simplement dire que ce n’est pas fait de manière professionnelle, et il pourrait y avoir des erreurs assez graves.
L’effet de mode, quant à elle, fait que certaines personnes, étant plus sensibles ou plus fragiles, pourraient être portées à s’autodiagnostiquer plus ou moins dans le but d’être “spéciale”. Par exemple, on dépeint beaucoup les personnes avec un TDA/H comme étant drôles, énergiques, spontanées, “qwerky”. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas l’entière vérité. Le côté négatif est très invisibilisé sur les réseaux sociaux, ce qui entretient des stéréotypes quand vient le temps de parler de santé mentale. On ne dira jamais a une personne ayant un TPL de montrer ses crises, qu’on veut voir la réalité, seulement les parties le fun, la “party animal”, etc. De la même façon, les “crises” ou moments désagréables du TDA/H, TDI ou TSA ne seront que rarement montré dans ces types de contenus, le négatif faisant très peu le buzz.
Je suis toujours consternée de voir des gens s’auto-diagnostiquer, sans prendre la peine de consulter un professionnel par la suite, et s’auto-médicamenter ou s’auto-soigner, toujours en prenant les conseils sur les réseaux sociaux. Les dérives sont possibles, et les conséquences psychologiques ou physiologiques peuvent être graves. J’aime partir du principe que tout le monde tente de faire de son mieux, et de ne blesser volontairement personne. Mais une personne mal renseignée qui en renseigne une autre, c’est dangereux. Sans parler des personnes qui pourraient simplement profiter de la fragilité des autres pour en abuser. Aussi, dans certains pays, les réseaux sociaux rémunèrent les influenceurs pour les vidéos qu’ils postent. Cette rémunération se fait sur le dos de la santé mentale. Certaines personnes pourraient être tentées de profiter de ça, s’inventer des pathologies et manipuler les autres, dans le seul but de s’enrichir.
Ce sont les enjeux que je vois concernant les “influenceurs” en santé mentale, d’un point de vue purement séculaire. L’auto-diagnostic est, à mon sens, très problématique. Je comprends les lacunes du système de santé québécois, et même celui des É.-U. Mais je ne crois pas que ces lacunes justifient de s’auto-diagnostiquer sans prendre la peine de valider avec un professionnel de la santé par la suite. Le doute (ou même la certitude) est valide, mais une opinion professionnelle est nécessaire. Bien honnêtement, pour avoir lu le DSM-5 pour le plaisir (Manuel diagnostique en santé mentale), je me reconnais dans pas mal de troubles. Et pourtant, je ne rencontre les critères diagnostiques que pour un seul maintenant. Et non, je ne dirai pas lequel. Pas par pudeur, mais par précaution, pour vous comme pour moi.
Maintenant, d’un point de vue chrétien, je trouve que cet enjeu est problématique, pour l’étiquette identitaire que nous laissons le monde poser sur eux-mêmes, sans avis professionnel. Parce que cette étiquette ne vient peut-être pas de Dieu. Et si elle ne vient pas de Dieu, elle n’est pas censée être là. Elle peut nous empêcher d’atteindre le plein potentiel que Dieu a prévu pour nous, en plus de nous nuire physiquement, psychologiquement. S’il s’avère que le doute d’un trouble existe, la meilleure personne placée pour répondre à des questions reste un professionnel. Les professionnels en santé mentale existent parce que Dieu l’a voulu. Ils sont l’autorité quand vient le temps de poser ce genre de diagnostic.
Plusieurs répondront que cette autorité n’est parfois pas dénuée de jugement, et peut être susceptible de commettre des erreurs. Effectivement, l’erreur est humaine. Mais est-ce qu’il y a autant d’erreurs qu’on le dit? Ou est-ce qu’on a de la misère à accepter le diagnostic, ou l’absence de diagnostic, parce que ça ne va pas dans la direction que nous souhaitions?
Il serait temps de tirer la sonnette d’alarme, selon moi, pour le bien de tous, et de réfléchir au pourquoi cet enjeu existe.
En attendant, sois béni.e.s!
Simplement Maude

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